J'observe les tourterelles

Tourterelle-des-bois©adobe-stock

 

Les tourterelles appartiennent à la famille des Columbidés et au genre Streptopelia. Elles se distinguent de leurs cousins les pigeons par leur taille inférieure et leurs formes plus gracieuses.
2 espèces se reproduisent en France : la tourterelle turque (citadine) et celle des bois, vivant dans les campagnes boisées. A l’automne, les 2 se mêlent parfois.

Territoriales pendant la nidification, les tourterelles deviennent grégaires le reste de l’année ; des rassemblements de plusieurs dizaines d’individus sont fréquents en fin d’été.

 

Plus si turque que ça !

Apparue pour la première fois en France dans les années 50, la tourterelle turque s’est rapidement dispersée sur tout le territoire, sauf les espaces montagneux. Commune, peu farouche et sédentaire, vous pouvez la rencontrer dans les villes ou les villages. Les parcs et les jardins ont sa préférence, notamment pour y nicher.

Plus petite qu’un pigeon de ville, élancée, elle mesure entre 31 et 34 cm de long pour un poids de 125-230g. Le mâle est légèrement plus gros que la femelle. Elle est reconnaissable à ses proportions délicates, son plumage chamois grisâtre et rosé-brun, son demi-collier noir et sa longue queue à l’extrémité claire. Mâle et femelle ont un plumage identique. Les jeunes à l’envol ne possèdent pas le collier noir caractéristique, mais ils l’acquièrent rapidement.

 

tourterelle-turque©pixabay

 

La tourterelle turque se déplace souvent en couple, et parfois en petites bandes en période hivernale où, près des habitations humaines, elle trouve des graines abandonnées proches des bâtiments de ferme ou bien distribuées autour des postes de nourrissage. Vous pouvez facilement l’attirer avec les mélanges de graines pour oiseaux du ciel. Elle vient donc manger au sol ou sur un plateau. Cette espèce granivore se nourrit également de baies, de bourgeons et de jeunes feuilles et, plus rarement, de chenilles ou de mollusques.

Pour se reproduire, elle construit son nid le plus souvent dans un arbre, quelquefois sur un bâtiment. Le mâle se charge de collecter les matériaux et la femelle va aménager une plateforme composée de branches, d’herbe et de racines. Comme pour le pigeon ramier, il faut être vigilant à ne pas la déranger dans son nid, sous peine de la voir s’envoler précipitamment en faisant tomber ses œufs !

 

Tourterelle des bois… mais près des champs

Sensiblement plus petite que la tourterelle turque, elle se distingue également par son plumage plus coloré et plus contrasté : beige rosé dessous et un dos brun-roux à l’aspect écaillé, des stries blanches et noires de chaque côté du cou. Elle porte une longue queue noire arrondie, bordée de blanc. On remarque aussi très nettement son cerce oculaire rougeâtre. Mâle et femelle sont identiques. Chez les juvéniles, le plumage est davantage brun-gris, sans marque au cou, ni liseré roux sur les ailes.

Typiquement campagnarde, très farouche, la tourterelle des bois aime se cacher dans les feuillages des grands arbres et se repère surtout à l’oreille grâce à son doux roucoulement.

 

tourterelle-des-bois©pixabay

 

Cette tourterelle habite les bois et les bosquets de feuillus, les haies, le plus souvent dans les zones d’élevage ou de cultures, souvent à proximité de l’eau. Elle se nourrit au sol dans les prairies et les champs cultivés. On peut l’apercevoir de temps à autre sur les fils électriques. Si vous habitez en zone rurale et que vous laissez une partie de votre jardin en friche, vous aurez peut-être le plaisir de la voir venir se nourrir. Son alimentation est essentiellement composée de petites graines céréalières consommées en général directement sur la plante vivante.

Migratrice, elle hiverne en Afrique subsaharienne. L’espèce est présente en France de mi-avril à octobre, son passage culminant en mai puis en août. Elle niche sur l’ensemble du territoire, en-dessous de 700 m d’altitude environ.

Trop longtemps illégalement abattue dans l’indifférence des autorités et sujet de lutte sans relâche de la LPO depuis 40 ans, la tourterelle des bois continue de disparaître. Cette espèce fragile a perdu plus de 80 % de ses effectifs en Europe depuis 1980. Protégée par la Directive Oiseaux de l’Union européenne, elle est classée "Vulnérable" sur la Liste rouge UICN des espèces menacées au niveau mondial.
Alors que les observateurs de la LPO en dénombraient 44 000 à la Pointe de Grave (Gironde) lors de la migration printanière de 2004, ils en ont compté moins de 4 000 en 2021. Il est urgent d'identifier les pressions rencontrées par les tourterelles des bois sur l’entièreté de leur cycle de vie, c’est-à-dire des voies de migration. C'est pourquoi, la LPO et le Centre de recherches sur la biologie des populations d’oiseaux (CRPBO) du Muséum national d’Histoire naturelle ont lancé le projet « 100 tourterelles », auquel vous pouvez contribuer en faisant un don.appel-a-don-tourterelle-des-bois

Sources : L'Oiseau Magazine n°75 et lpo.fr :

Conseil Biodiversité - La tourterelle des bois

Fin de la chasse à la tourterelle des bois en France

Conseil Biodiversité - La tourterelle turque

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