Protéger la petite faune

Chat et petite faune sauvage : comment cohabiter ?

Pour une cohabitation harmonieuse entre chat et petite faune 

La prédation du chat est un sujet récurrent pour les associations de protection de la nature. Cette préoccupation est très courante chez les propriétaires de chat, soucieux à la fois du bien-être du félin et de la protection de la petite faune. L’impact est réel : en moyenne, 14% des animaux soignés dans les centres de la LPO sont victimes de chats, principalement des oiseaux comme le Moineau domestique, le Merle noir et la Tourterelle turque. Cette problématique n’est pas à négliger car la popularité du chat en tant qu’animal domestique est grandissante. En 2024, la FACCO recensait 16,6 millions de félins dans nos foyers*. A titre de comparaison, les chiens étaient estimés à près de 9,9 millions.
Pour réduire l’impact de la prédation du chat sur la petite faune, tout en préservant le bien-être de votre animal domestique, la LPO a collaboré avec des vétérinaires et des comportementalistes félins afin de proposer des solutions éthiques. Une solution ne peut être efficace à elle seule. Ce sont les actions cumulées qui aident à une meilleure cohabitation entre les chats et la petite faune sauvage. Cet article rappelle ces solutions et vous invite à participer à l’amélioration des connaissances sur l’animal et son interaction avec son environnement.

 

Le chat domestique, qui est-il ?

La domestication du chat a débuté plus de 4000 ans avant Jésus-Christ. Présent dès l'époque romaine en France, ce carnivore s'est imposé dans les fermes après le Moyen-Âge, missionné pour chasser les rongeurs jugés indésirables. Il possède un excellent odorat pour détecter ses proies et ses ennemis, une ouïe fine grâce à ses oreilles mobiles, et une vue qui s'adapte à la luminosité. Sa salive "désodorise" ses poils et sa peau, lui permettant de chasser sans être repéré. Il est doté d'une mâchoire puissante et de griffes rétractiles, avec un corps souple parfaitement adapté à la chasse à l'affût.

Les chats domestiques sont classifiés selon leurs relations avec l’Homme : 

  • Chat de propriétaire : nourri, identifié, souvent stérilisé et soigné. Sa population en France est estimée à 14 millions ;
  • Chat libre : nourri, identifié, stérilisé et soigné. Sous la responsabilité du maire ou d'une association de protection de la nature ;
  • Chat errant : nourri irrégulièrement par l'Homme. Population estimée entre 8 et 10 millions en France ;
  • Chat haret (ou féral) : domestique retourné à l'état sauvage. Vit et se reproduit librement dans la nature. À ne pas confondre avec le chat forestier, une espèce sauvage protégée en France.

 

En termes d’alimentation, ce carnivore opportuniste et généraliste s’adapte à son environnement et consomme une variété de proies : 66% sont des micromammifères, 22% sont des oiseaux, 10% des reptiles, d’après l’enquête menée par la SFEPM (Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères) et le MNHN (Muséum national d’Histoire naturelle), en collaboration avec la LPO.
Le pourcentage restant est constitué d’insectes, d’amphibiens, d’araignées, de poissons…
Cette « flexibilité alimentaire » aide l’animal à survivre dans divers habitats et situations. Joueur et chasseur par instinct, il aime poursuivre ses proies. Pour en attraper une, il doit en chasser dix. Selon différentes études, s’il est bien nourri, il capture en moyenne 30 proies par an. Un chat errant en capture 270, contre 1070 pour un chat haret. Un manque de jeu peut le rendre agressif, surtout à l'aube ou au crépuscule, moments où l’activité prédatrice est maximale.
Variant selon l'alimentation disponible, son domaine vital s’étend de 1000 mètres carrés à 600 hectares : le territoire d’un chat moins nourri est plus vaste. Ce domaine se réduit dans les zones à forte densité féline. Le chat de propriétaire préfère rester à proximité de la propriété de son maître, avec des lieux de prédilection pour se reposer et chasser.

Chat domestique au jardin

Comment protéger la petite faune pour limiter la prédation ?

En cas d'attaque par un prédateur, les petits animaux sauvages ont besoin de zones de refuges. Ces espaces vitaux peuvent prendre diverses formes : une zone d'herbes hautes, des pieds d'arbustes laissés naturels, un muret en pierres sèches, une haie dense et épineuse, un petit tas de bois, un amas de pierres, ou encore une spirale à insectes.
Pour alerter les petits mammifères et les reptiles de la présence du félin, vous pouvez accrocher deux clochettes à son collier. L'ajout d'une collerette Birdbesafe® aux couleurs vives sera repérable par les oiseaux.
Pensez aussi qu’un chat peut sauter à 1m80 de hauteur. Les nichoirs sont donc à placer à 2 mètres minimum du sol et les mangeoires doivent être suspendues ou sur pied. Pour accueillir les oiseaux en toute sécurité, ces dispositifs s’installent dans une zone dégagée pour que nos amis ailés profitent d’une bonne visibilité sur leur environnement.
Les captures seront également réduites en gardant votre chat à la maison à certains moments précis de la journée ou durant certaines périodes sensibles de l’année : à l’aube ou au crépuscule, en période de grand froid, de forte pluie, de sortie des juvéniles (envol des jeunes oiseaux par exemple) et en votre absence au domicile. Les petits animaux du jardin pourront ainsi de se nourrir en toute sécurité.

 

Des dispositifs inoffensifs pour gérer la présence du chat

Selon le caractère de votre chat, celui du voisin et selon votre jardin, voici un rappel des dispositifs existants :

  • Le Stop Minou pour empêcher les chats de grimper aux arbres pour accéder aux nichoirs ou aux mangeoires.
  • La grille "Stop Chat" hérissée de picots en plastique, elle empêche les chats de s’installer ou de gratter une zone, de sauter au-dessus d’une murette, de passer sous un grillage… elle peut donc être positionnée à différents endroits.
  • Le répulsif maison à vaporiser quotidiennement sur les zones à protéger. Il suffit de mélanger un litre d’eau, 10 gouttes de jus de citron et 20 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus radiata.
  • La plante répulsive Coleus canina, en dégageant une odeur de mouffette, elle dissuade les chats de s'attarder sur une zone. Cependant, certains chats territoriaux peuvent voir cette plante comme un intrus et rester plus longtemps pour défendre leur territoire. En contrepartie, votre chat appréciera une zone avec de l’herbe à chat Nepeta cataria.
  • Le dispositif Catwatch® équipé d'un détecteur infrarouge, il se déclenche par le mouvement et la chaleur corporelle du chat. D’après les résultats des tests de la LPO et de la RSPB, certains chats fuient immédiatement ; d'autres tentent de lutter contre le dispositif. Selon une étude de 2016, le Catwatch® réduit la présence des renards et des rongeurs, sans affecter les oiseaux ou les hérissons. Quant aux chauves-souris, elles ne sont pas perturbées par les ultrasons émis et ne déclenchent pas le Catwatch® à leur passage (le risque est minime) puisque celui-ci est placé au sol.
  • L’arrosage à détection de mouvement dont les jets d’eau repoussent le chat d’un espace à protéger (potager, bac à sable). Il convient de maîtriser la zone de couverture et son utilisation car le jet peut aussi faire fuir les oiseaux.

Catwatch-ultrasons-repulsif-chat

Préserver le bien-être du chat domestique

Un chat domestique peut vivre jusqu’à 20 ans. Sa survie et sa longévité dépendent principalement de l’Homme qui le nourrit, le protège des maladies notamment par la vaccination et les soins vétérinaires. La stérilisation est aussi recommandée par de nombreuses associations et par les vétérinaires. En plus d’aider à contrôler la prolifération du félin, éviter les naissances non désirées et les abandons, cette intervention chirurgicale améliore la santé et la longévité du chat. Les femelles ont un risque réduit de tumeurs mammaires, de cancers des ovaires ou de l'utérus, et d'autres problèmes de santé. Les mâles stérilisés sont moins agressifs et marquent moins leur territoire. A rappeler si nécessaire, l’identification (par puce électronique ou tatouage) est obligatoire pour les chats nés après le 1er janvier 2012. Cette mesure permet de retrouver plus facilement un chat perdu et de limiter leur errance.
En parallèle, une alimentation variée et de qualité réduit leur besoin de chasser des proies. Les chats sont des grignoteurs, il est préférable de leur offrir une alimentation accessible à tout moment. Sans oublier la gamelle d’eau toujours à proximité. Certains sont tentés de nourrir les chats à l’extérieur. Cette pratique favorise l’immigration de nouveaux chats et parfois même l’abandon de chats dans cette zone. En plus, les croquettes laissées en extérieur peuvent attirer les hérissons, nuire à leur santé et engendrer des comportements inadaptés : ils risquent de souffrir de carences ou d’obésité, devenir dépendants à cette nourriture et ne plus se déplacer.

Préserver le bien-être du chat domestique, c’est aussi jouer avec lui. En le stimulant et en jouant avec lui, vous canalisez son instinct de chasseur et il sera moins agressif, en particulier à l'aube ou au crépuscule. Même bien nourri, un chat aime jouer et chasser.

Si vous partez en vacances sans pouvoir emmener votre chat avec vous, assurez-vous qu’il soit pris en charge par un proche, un voisin ou dans une pension. Si, malheureusement, vous ne pouvez plus vous en occuper au quotidien, trouvez-lui une nouvelle famille ou confiez-le à une association de défense et de protection des chats.

Jeu avec chat domestique

⏩ Allez plus loin sur l’identification et la stérilisation des chats

 

Participez à la recherche sur le chat domestique

La LPO invite les propriétaires de chats à participer au projet de recherche sur le chat domestique conduit par la SFEPM (Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères) et le MNHN (Muséum national d’Histoire naturelle). Ce programme de sciences participatives à vocation de mieux comprendre les relations du chat avec son environnement. Les résultats de recherche vont notamment améliorer les connaissances sur les écosystèmes urbains et périurbains, afin de faire évoluer les mesures de conservation de la biodiversité.

En tant que propriétaire de chat responsable, soucieux de la préservation des espèces animales et de l’équilibre des écosystèmes, votre contribution à cette étude est précieuse !

Pour y participer, il vous suffit de décrire le comportement de votre chat et d’enregistrer vos observations sur le site.

La contribution à des programmes de sciences participatives ou de sensibilisation sur le chat domestique, le suivi des conseils des associations, sont autant de démarches simples qui impactent positivement cette cohabitation entre les chats et la petite faune sauvage. Vous pouvez aussi encourager vos voisins et la communauté à faire de même pour amplifier l'impact positif sur la faune locale.

 

⏩ Retrouvez tous les conseils de la LPO pour vous aider à aménager votre jardin pour limiter prédation du chat, tout en préservant son bien-être. Des vidéos, des documents à télécharger sont à votre disposition : consultez-les et partagez-les !

 

*Enquête de la Fédération de Fabricants d’Aliments pour Chiens, Chats, Oiseaux et autres animaux familiers

Crédits Photos Chats : Adobe Stock